Rien n'est jamais inerte !
Dans cette oeuvre orchestrée d'applats de matière, le
motif s'oublie parfois, se confond souvent, travaillé
d'une touche enlevée, qui rythme la composition de son
dynamisme. Un peu comme cette brise marine, ponctuée de
coup de vent, qui balaie à longeur de journée cette Ile
de Ré, que l'artiste ne se lasse pas de conter. Avec une
aptitude à restituer les ambiances, en laissant ses
improvistaions chromatiques, aussi somptueuses que
dynamiques, tenir la vedette. Les villages se résument
à des masses colorées, les personnages à quelques
empattements, tandis que les variations d'ombres et de
lumières, de teintes chaudes et froides, apportent un
véritable effet vibratoire. Dans une vision panoramique,
la distorsion des masses envahit l'espace d'une
hardiesse, peu commune. Dans ce jeu de perspectives
parfaitement maitrisé, les éléments naratifs
s'évanouissent au profit de formes épurées, dictées
par les émotions et sensations de l'artiste.
Suire Verley compose avec les taches de rouge pour
souligner, d'une virtuosité sensuelle, l'intensité, et
le caractère passionnel, de la scène.
Thierry SZNTYTKA
Critique d'Art |
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