Qu'il parle, boive, mange
ou vous serre la main, le regard du peintre ne cesse de
scruter . Il observe, caresse, choisit, retient .
Pour d'un coup restituer sa moisson sur la toile.
Dans le but principal de vous séduire, vous qui passez
le long de ses tableaux. Et c'est fait !
Chacun s'arrête, requis, éperdu, bientôt avide : cette
autre façon de voir, il nous la faut ! Chez nous, là ou
l'on vit, pour ne plus jamais manquer de joie.
Oui, il est devenu urgent d'en posseder au moins une de
ces toiles qui contiennent l'elixir magique, puisque, par
chance, elles s'achètent, ces toiles vivaces, colorées,
remuantes . L'une sera pour vous l'autre pour moi.
Mais afin d'expliquer l'incroyable attraction que ces
tableaux exercent sur leur contemplateur, il faut ajouter
que le peintre est un sensuel . Non content de la
trirurer, sa peinture il la hume, s'y encastre. Son
pinceau devenu charnel .
Son matériau animé d'une existance propre .
Quant à ses escapades en forme de lucarne sur le ciel,
l'océan, elles sont autant d'ouverture sur la beauté
intérieure, comme ses champs ou ses plages devenus les
boulevards du rêve ... Pour ses marchés, ses fêtes
populaires, elles devisent avec la lumière . Le rouge
est sa couleur . Le sait-on
Mais ne raisonnons plus, abandonnons-nous aux jeux
multiples d'un désir qui rejoint le nôtre, et
qu'Olivier Suire-Verley sait rendre plus que présent :
visible.
Madeleine CHAPSAL
Ecrivain |

Le banc du Bûcheron-
1992 . 61 x 50
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